Le 11 mars 2026, Victor Beaumont, Chef de Projet - Gestion des déchets et circularité, a représenté l’activité Ingénierie & Conseil de Veolia lors de la 12ᵉ Conférence scientifique internationale sur les cycles des matériaux et la gestion des déchets (3RINCS 2026). À l’occasion d’une session spéciale, il a présenté nos travaux sur les solutions d’économie circulaire en Asie du Sud-Est, une région confrontée à d’importants défis liés à la pollution plastique et aux infrastructures de gestion des déchets.
Intitulée « Mettre en œuvre la circularité : renforcer des solutions éprouvées grâce aux outils numériques », son intervention s’est appuyée sur l’expérience opérationnelle acquise en Indonésie, au Vietnam et aux Philippines. Elle a montré comment l’innovation numérique peut optimiser la gestion des déchets lorsqu’elle est intégrée à des infrastructures physiques déjà en place et performantes.
Principaux enseignements de la présentation
Victor Beaumont a souligné que la technologie numérique, à elle seule, ne peut résoudre des problématiques complexes de gestion des déchets. L’expérience acquise dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est montre que les outils digitaux agissent comme des accélérateurs, mais uniquement lorsqu’ils reposent sur des bases opérationnelles solides.
S’appuyer sur l’existant
Grâce à nos études de terrain et à nos projets pilotes menés à Cirebon (Indonésie), Manille (Philippines) et Tan An (Vietnam), nous avons constaté que la transition vers une économie circulaire ne nécessite pas de reconstruire entièrement les systèmes existants. Elle repose plutôt sur trois leviers essentiels :
Comprendre l’existant : rendre les opérations actuelles visibles et mesurables grâce à la donnée.
Renforcer les solutions éprouvées : s’assurer que la collecte des déchets, les centres de tri et de valorisation (MRF – Material Recovery Facilities) ainsi que les systèmes d’élimination fonctionnent efficacement.
Mettre en place un cadre réglementaire adapté : notamment via des mécanismes de financement tels que la Responsabilité Élargie du Producteur (REP / EPR), afin de rendre la valorisation des matériaux économiquement viable.
Une transformation numérique progressive
Notre méthodologie repose sur une progression structurée en trois étapes :
- Numérisation (digitization) : conversion des données analogiques en données numériques.
- Digitalisation (digitalization) : amélioration des processus existants grâce aux outils numériques.
- Transformation digitale (digital transformation) : refonte des systèmes afin de faciliter la prise de décision et l’optimisation globale.
À l’aide de notre outil Grille de maturité nous avons évalué les systèmes de gestion des déchets dans la région. Les résultats montrent que la plupart des pays se situent actuellement entre les niveaux de maturité « Enabling » et « Integrating ». Cela confirme ce que notre expérience de terrain indique : les progrès durables se construisent étape par étape.
Résultats des programmes pilotes
Les projets pilotes ont permis d’obtenir des résultats concrets et mesurables :
Intégration du secteur informel : les outils numériques ont permis de connecter les collecteurs informels aux ménages, créant ainsi des flux de matières traçables et progressivement formalisés.
Identification des fuites de matériaux : des systèmes de surveillance basés sur l’intelligence artificielle ont permis d’identifier les points où les matériaux sortent du système, fournissant des bases claires pour agir.
Renforcement de la redevabilité : des cadres de gouvernance de la donnée ont établi une couche d’information fiable et partagée entre tous les acteurs, des autorités publiques aux travailleurs du secteur des déchets.
La voie à suivre : gouvernance de la donnée et amélioration continue
Victor a rappelé que la mise en œuvre d’une économie circulaire ne repose pas uniquement sur la technologie. Elle nécessite également un cadre solide de gouvernance des données, garantissant que toutes les parties prenantes travaillent à partir d’informations fiables et partagées.
En mettant en place des systèmes connus, mesurables et transparents, il devient possible d’instaurer une dynamique d’amélioration continue et de renforcer la coopération dans la gestion des ressources entre acteurs publics et privés.